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 Yatara

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Caillou


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MessageSujet: Yatara   Ven 25 Avr 2014 - 20:23

Nouvelle fic de Laty \o/
Je sais pas si je la continuerais mais c'est pas grave \o/
ensuite chose importante : j'aimerais introduire un concept. Le concept de "je mets une musique en fond sonore pendant que tu lis le texte". Pourquoi un tel concept ? eh bien car la musique est un moyen de communiquer des émotions et qu'il m'était facile de l'appliquer à un texte. Inclure une musique me permettra tout simplement de mieux transmettre une émotion que je souhaite vous faire parvenir comme je suis pas très fortiche pour exprimer correctement les idées que j'ai dans la tête. Libre à toi lecteur de les écouter ou pas, c'est plus un accessoire qu'autre chose, et je sais que chacun ses goûts en musique.
Pour ceux que ça tenterait (vous m'en direz des nouvelles), ça marche comme ça :
[lien d'une vidéo youtube que j'aurais renommée pour que ça colle plus et en anglais parce qu'en français ça fait bizarre et ça vous fera travailler et sur lequel il faudra évidemment cliquer]
Tu laisse la vidéo tourner toute seule comme une grande et pendant ce temps tu lis tranquillement le texte. Bien sûr, quand elle est terminée, faut la remettre au début, mais j'espère que t'avais compris ça sans que je te le dise.
Maintenant, quand tu verras un truc comme ça :
[fin BGM]
Il faudra arrêter la vidéo parce que y'a plus besoin de la musique.
Bon, c'est pas trop dur non ?

Maintenant faisons un test !
[BGM : Random Epic Music]
Préparez vous à voir du sang, des larmes, de l'action ! Une aventure épique vous attends ! Soyez prêts à embarquer dans un monde imaginaire comme vous n'en avez jamais vu ! blah blah combats blahblahblah tatanage de face blahblahblah méchants vilains pas beau qui se font dégommer par les gentils !
[fin BGM]

Bon là  ça fait un peu nul parce que ça a duré deux secondes. Maintenant passons aux choses sérieuses ! (et je tiens à dire que toutes les balises ne marchent pas, à cause de ça j'ai pas pu grossir mon titre D:)




Yatara





Chapitre 0 : Genèse

[BGM : The Veins of the Planet]
   Il y a très longtemps, une lumière jaillit du néant. Cette lumière n'avait pas de couleur, pourtant elle dissipait les ténèbres alentours. Dans l'espace pur nouvellement crée par celle-ci commença à se former des amas de matière, ils grossirent au fil du temps, toujours sous la gouverne de la douce lumière qui les protégeait. Un fois que ces amas eurent pris une forme convenable, la lumière leur insuffla un peu de son pouvoir faisant d'eux des planètes où des étoiles. En chacune de ces planètes et étoiles coulait ainsi un flux d'énergie qui permis aux corps célestes de se façonner et de donner la vie. Cette histoire se déroule sur l'une de ces planètes.
   Les premiers enfants engendrés par cette planète furent des esprits, comme elle était très fière de sa création elle leur donna le pouvoir de contrôler son énergie, en échange elle leur demanda de veiller sur elle. La planète engendra ensuite d'autres enfants inférieurs à sa progéniture préférée, certains disparurent de par leur faiblesse, certains furent éliminés par la Mère, d'autres furent crées. Actuellement, il existe deux espèces animales à sa surface dont les Hommes, les mal aimés de la Terre, les enfants qu'elle a crées et qu'elle a finis par redouter, ceux dont l'avidité l'a épuisée. La planète s'est alors plongée dans un profond sommeil, les esprits devinrent plus faibles et disparurent de la vue de tous, la vie ne coule plus autant qu'auparavant et seuls certains esprits continuent à donner un semblant de vie à la surface de la Terre. Les humains, eux, continuent d'utiliser l'énergie de la planète, inconscient du dépérissement qu'ils provoquent autour d'eux. Mais se ne sont pas pour autant des démons, ce sont des êtres vivants, certains souffrent de leur propre bêtise, d'autres subissent les châtiments que leur a infligé la Terre et souffrent et d'autres encore prospèrent et dominent. Aucun n'est totalement innocent ou coupable.
   L'histoire que je vais vous raconter suit des gens de cette espèce si pleine de défaut mais si fascinante.
[fin BGM]


Dernière édition par Caillou le Sam 30 Aoû 2014 - 16:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Yatara   Lun 12 Mai 2014 - 20:34

Chapitre 1 : J'erre sans But

[BGM : Just Sand Everywhere]
   Le soleil est à son apogée, sa lumière se reflète sur le sable blanc du désert et brûle les yeux, sa chaleur embrase les poumons et étouffe. Aucun cactus n'a osé s'aventurer dans cet enfer où il ne pleut plus depuis des siècles. Il n'y a pas une brise, aucun grain de sable ne bouge ne serait-ce que d'un millimètre, il ne reste que des dunes, comme si le sable essayait de se faire une place dans l'immense ciel imperturbable. Au milieu de ce monde silencieux blanc et bleu se trouve pourtant une silhouette, si frêle debout à la frontière entre ces deux géants en conflit, elle est recourbée sous sa cape gris taupe, trébuche par moment puis se reprend vivement. N'importe qui sait que s'aventurer dans le désert en pleine journée est synonyme de mort, pourtant un humain s'est aventuré dans ce vide coloré, et cela fait même plusieurs heures qu'il erre dans le seul but de voir le bout du désert. Cet être humain continue sa marche sans fin jusqu'au coucher du soleil, toujours en vie malgré la soif, pourtant ses lèvres ne sont pas gercées et ses pieds n'ont pas d'ampoules même après ces heures de marche. Le voyageur lève la tête, le ciel prend une teinte orangée, il tourne la tête, le soleil touche l'horizon, un soupir de soulagement s'échappe alors de sa bouche. Il s'appuie sur un rocher se trouvant non loin, la déshydratation, la faim et la chaleur l'ont épuisé, et le désert continue de s'étendre éternellement, le paysage n'a pas changé depuis le début de son voyage. Mais la détresse ne s'empare pas de son corps, ce doit bien être le seul humain à rester calme dans une telle situation, seulement ses yeux trahissent une résignation, comme si prêts peu importe ce qu'il adviendra de cette pauvre vie ; une tempête de sable pourrait se pointer à l'horizon, cela lui serait égal. Peut-être plus que la fatigue c'est cette acceptation de son sort qui l'a fait s'arrêter. Ces yeux continuent de fixer l'horizon sans le regarder et sans rien attendre.
   Soudain devant ses pupilles une flamme trace l'horizon en laissant derrière elle une traînée de feu, comme si son but était de fendre le ciel et la terre en deux, elle va à toute vitesse sans jamais ralentir, comme si elle n'avait pas d'autre but que de parcourir le sable blanc. Cet événement mystique ne semble pas perturber le voyageur qui a pourtant cessé de contempler le néant pour s'attarder sur cette étrange source de lumière qui tranche avec le ciel qui s’obscurcit, on pourrait même voir un soupçon de curiosité se dessiner sur son visage. Le feu arrête sa cavale avec grâce laissant le temps au voyageur de contempler sa silhouette canine et noble tournant la tête pour fixer l'humain perdu dans le désert. Les deux se regardent par-delà l'incroyable distance qui les sépare, la flamme à la forme de loup perce l'âme qui se trouve en face de lui de ses yeux jaune brillant d'intelligence et semble y lire comme dans un livre ouvert, de l'autre côté l'être humain tente de soutenir son regard majestueux et essaye de déchiffrer les intentions de l'entité qui lui fait face sans y parvenir. Le loup de feu cesse brusquement de fixer la silhouette avachie contre un rocher et reprend sa course infinie comme si il ne s'était jamais arrêté, la silhouette, elle, se remet à fixer le vide comme si elle n'avait jamais cessé de porter cet air résigné sur son visage. Quelqu'un d'autre n'en aurait pas cru ses yeux, mais notre voyageur ne sembla pas porter une particulière attention sur la rencontre qu'il venait de faire et retourna au présent, laissant les événements passés se désagréger dans un coin de sa mémoire. La faim et la soif lui collaient toujours au corps, cela ne l'empêcha pas pour autant de se relever pour reprendre son périple après quelques minutes de repos. Avoir le ventre vide et la gorge sèche lui importaient peu, comme si il lui était impossible de mourir, ou bien comme si mourir ne changerait rien.
[fin BGM]
   Au moment de se retourner le voyageur se retrouve nez-à-nez avec une autre personne qui allait visiblement s'apprêter à l'aider, c'était un jeune homme à la peau mate et aux yeux dorés, caractéristiques des habitants des Contrées du Désert.
   -J'ai cru que tu étais mort ! Ça va ? Non en fait ne répond pas je sais que ça ne va pas, tu veux de l'eau je suppose, lui dit-il tout en fouillant dans son sac une gourde et des provisions.
   Une fois qu'il les eut trouvés et les lui donna, il poursuivit :
   -Qu'est-ce qu tu fais ici ? Tu veux rejoindre les contrées du désert ? C'est de la folie de vouloir traverser le désert le jour, on t'a jamais appris ça ? En tout cas je te conseille de rejoindre la frontière au plus vite et d'attendre d'être reposé pour retenter le voyage, de NUIT. Ce que vous pouvez être bête parfois les Orientaux à toujours penser pouvoir traverser le désert comme on traverse la campagne.
   -La frontière....elle est proche ?
   A ces mots, le jeune homme fut surpris, il ne s'attendait pas à ce que la voix du vagabond soit si aiguë, il se pencha alors en avant pour scruter son visage caché sous une capuche : des traits fins, de petites lèvres fines et de longs cils. Il fut donc encore plus surpris quand ses pensées se confirmèrent, c'était une femme qui avait tenté cette folie.
   -Vous pourriez arrêter de me scruter comme ça ? Lâcha-t-elle.
   -Et en plus tu es une femme, ajouté à ça toute fine. Comment espérais-tu franchir le désert avec un corps si fragile ? Tu veux mourir ? Continua-t-il, toujours étonné.
   -Ce que vous pensez m'est bien égal, répondez juste à ma question.
   -Comment est-ce que tu peux ne pas savoir où elle se trouve puisque tu viens forcément de...Ne me dis pas que tu as franchi tout le désert depuis les Contrées ?
   Elle ne répondit rien et détourna la tête, ce qui correspondait à un « oui ». Plus il lui parlait et plus il était ébahi, mais maintenant cette jeune femme commençait à attiser sa curiosité, après tout, comment a-t-elle survécu à la traversée de presque la totalité du désert en plein jour ? En général il ne se préoccupait pas des autres, il l'avait juste approchée pour vérifier si elle était morte, mais voilà qu'elle se montrait non seulement en vie, mais en plus elle avait réalisé un exploit auquel il n'avait jamais pu témoigner, même dans son pays natal. Il pouvait bien sacrifier un peu de son temps pour percer ses secrets qui, il devait bien l'admettre, l'intriguaient beaucoup.
   -Mais dis-moi, comment est-ce que tu as fait ? Poursuivit-il dans son interrogatoire, parce que tu sais, même les gens qui connaissent le désert presque par cœur comme moi ne peuvent pas réaliser cet exploit.
   Elle parut un peu gênée à cette question mais finit par répondre d'une petite voix :
   -J'ai juste marché tout droit.
   -Wow, super ! C'était donc ça ? Répondit-il sur le ton de l'ironie, tu sais que s'il suffisait de marcher pour faire ça, personne ne se casserait la tête à attendre la tombée de la nuit.
   -Peu importe, répondez à ma question, se répéta-t-elle maintenant un peu irritée. A quelle distance se trouve la frontière ?
   -Faut pas t'énerver, c'est normal que je te pose autant de question non ? Surtout si tu comptes pas répondre. Et la frontière la plus proche est celle de Libertalia, elle se trouve à une dizaine de kilomètres d'ici.
   -Très bien merci adieu.
   Sur ce, elle reprit aussitôt son chemin comme si elle n'avait jamais croisé personne et il fallu quelques secondes aux jeune originaire de l'Ouest pour comprendre la situation, puis il se ressaisit, effaré :
   -Hé ! Même si tu étais encore en vie quand je t'ai retrouvée, t'étais à deux doigts d'y passer sans mon aide et c'est là toute la gratitude que tu me montres ? Sans moi tu ne pourrais pas marcher comme tu le fait maintenant ! Et puis c'est pas le rêve des filles de se faire sauver la vie par un beau prince ?
   La voyageuse ne pris même pas la peine de se retourner et continua sa marche à la même allure, sans un mot, à croire qu'elle voulait le fuir. Maintenant elle se trouvait bien à 30 mètres quand il lui cria :
   -Tu sais que c'est plus à l'Ouest qu'il faut aller ? Là t'es bien repartie pour 5 heures de marche !
   -Et vous n'auriez pas pu me le dire plus tôt ?
   Cette fois elle s'était retournée pour lui répondre, elle reprit sa marche mais pour partir bien trop à gauche. L’incrédulité pouvait facilement se lire sur le visage du jeune homme qui n'en revenait toujours pas qu'une personne comme ça ait pu traverser le désert aride.
   -Là tu es repartie pour encore plus ! Tu es bien trop à droite !
   A ces mots, elle s'arrêta cette fois, et il en profita pour la rejoindre et lui faire une proposition :
   -Bon, en général je ne fais pas ça, mais comme ça m'énerverais vraiment que tu meures après que je me sois donné la peine de partager mon eau avec toi et comme on va au même endroit, je te propose de faire un bout de chemin ensemble. Et ça serait assez sans-cœur de te laisser mourir ici alors qu'on va au même endroit.
   A première vue la voyageuse paru réticente, mais elle se rendit vite à l'évidence : ils vont dans la même direction, ça serait assez idiot de se suivre sans marcher ensemble juste parce qu'elle n'avait pas envie de lui parler. Elle lui répondit alors que cela lui convenait en lui montrant bien que « c'est parce qu'elle est obligée », ils se mirent alors en route pour sortir de ce monde de silence ayant maintenant revêtu le manteau de la nuit.
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MessageSujet: Re: Yatara   Dim 8 Mar 2015 - 13:43

Chapitre 2 : Une étincelle de vie

   Elle ne voulait pas le connaître et ça, elle le lui avait bien fait comprendre. Lui, ça lui était aussi égal, après tout il n'avait pas prévu la compagnie d'une autre âme pour son voyage, et c'est bien pour cela qu'il se tenait maintenant quelques pas devant elle. Ainsi le silence qui avait toujours régné en maître continua d’exercer son pouvoir sur la mer de sable et d'étoiles toujours aussi immobiles, comme figées dans le temps par une malédiction jetée par une divinité quelconque. Mais quelle divinité ? Presque plus aucune créature n'ose mettre les pieds ici, dieu tout puissant ou homme. Et même si les deux vagabonds n'étaient pas curieux le moins du monde à propos de l'autre, ils ne pouvaient pas s'empêcher de se demander ce que chacun était venu faire ici, mais l'idée d'ouvrir la bouche pour s'adresser la parole ne leur semblait pas valoir le coup. L'originaire de l'Ouest avait bien compris qu'il était futile de lancer une conversation après s'être fait couper par une réponse des plus sèches. C'était étonnamment la jeune femme qui se posait le plus de questions sur son compagnon de route, sa curiosité s'étant un peu éveillée après quelques observations : une fois qu'il l'avait dépassée elle pu observer ses cheveux indigo éclairés par les astres, tressés en une longue natte, sa frange ébouriffée et deux mèches couvrant ses oreilles et descendant le long de ses joues, contrastant avec sa peau mate assombrie par la nuit. Elle se rappela alors qu'il était assez fréquent que les hommes des Contrées du Désert se laissent pousser les cheveux, voire même parfois les orner de bijoux en ce qui concerne les plus nobles. Mais ce qu'il y avait de plus étonnant chez lui c'était un énorme objet attaché dans son dos faisant presque sa taille et qui semblait à tout point de vue être le fourreau d'un épée, et comme si le poids de l'arme n'était pas assez il portait avec lui accroché à son épaule droite un sac visiblement assez lourd car rempli d'objets s'entrechoquant en « cling » à chacun de ses pas. Il serait donc un marchant ambulant ? Seulement elle ne pouvait pas se permettre de lui poser des questions, à croire qu'essayer d'apprendre des choses sur lui serait une énorme erreur qu'elle regretterait toute sa vie. Et par peur qu'il ne se retourne pour une quelconque raison, elle avait gardé son capuchon afin qu'il ne s'hasarde pas à l'observer et à lui poser des questions qu'on lui avait déjà posé un nombre incalculable de fois.
   Heureusement pour elle, ce n'était pas dans ses plans : déjà que par nature il se fichait pas mal mal de la vie des autres, il n'allait certainement pas commencer à s'intéresser à celle d'une asociale au cœur de glace. En revanche, ce qu'il avait oublié c'est que certes il n'était pas curieux le moins du monde, mais il possédait sa fierté masculine, et qu'une demoiselle frêle comme elle n'aurais pas pu franchir le désert alors que lui ne le pouvait pas ! Et c'est sûrement cette fierté qui le poussa à reprendre la conversation laissée plus tôt en plan, sans qu'il puisse vraiment se l'expliquer :
   -Et donc qu'est-ce que tu faisais dans ce désert ?
   A entendre ces mots, le visage de la jeune femme se crispa. Pourquoi avait-il fallu qu'il ouvre sa bouche alors qu'ils ne devraient plus être très loin de la frontière ? Elle n'avait pas envie de parler à qui que ce soit en ce moment, c'est pourquoi elle lui répondit sur un ton sec :
   -Ça ne vous concerne pas.
   Et pour être sûre qu'il lâche le morceau, elle continua :
   -Mais si vous voulez tout savoir, il n'y a pas de raison précise. Je passe mon temps à me balader de par le monde, voilà tout.
   Comme si il allait avaler ça ! Chacune de ses réponses lui donnait de plus en plus l'impression qu'elle se moquait de lui. Qui se baladerait dans le désert en pleine journée pour une petite promenade ? Personne, pas même les plus fous ou les plus ignorants. Cette dernière réponse eut donc le don de l'énerver sensiblement. Peut-être qu'il ne s'intéresse pas aux autres, mais si on le cherche on le trouve. Il n'allait pas se laisser mener par cette fragile silhouette emmitouflée dans son capuchon.
   -Et tu crois vraiment vraiment que je suis assez idiot pour gober tout ça ?
   -Mais c'est la vérité ! Lui rétorqua-t-elle droit dans les yeux avec une pointe d'irritabilité facilement décelable dans son regard qui reflétait malgré cela toujours cette étrange résignation.
   -Alors pourquoi tu t'es mise en tête maintenant d'aller à Libertalia précisément ? Je vois pas pourquoi tu me suis, si comme tu dis tu passes ton temps à voyager sans destination précise !
   -Je ne sais pas, il n'y a pas de raison, lâcha-t-elle d'un ton à la fois embarrassé et irrité. Quand allait-il lâcher l'affaire ?
   -Mais tu sais rien ou quoi ? Dis-moi que tu ne sais pas ton nom aussi !
   Maintenant il était à deux doigts de la laisser en plan. Ô comme il regrette d'avoir pris la décision d'essayer de lui parler ! Il aurait été bien mieux à faire son chemin en solitaire comme il l'a toujours fait. Soit, il ne cherchera plus à tenter quelconque contact avec cette fille. Sur ce, il se retourna et repris une marche hâtive avec le faible espoir de la semer, malheureusement pour lui il pouvait entendre à ses pas qu'elle ne se laissait pas distancer. « Voilà ma soirée est gâchée, pensa-t-il, à tous les coups c'est de mauvaise augure, je vais presque rien pouvoir vendre demain. »
   Ainsi la traversée silencieuse repris son cours normal et ne risquait plus d'être perturbée, une atmosphère assez électrique s'étant installée entre les deux jeunes, le seul bruit persistant était les « cling » sortant du sac du voyageur de façon si régulière que c'en devenait énervant, d'autant plus pour la jeune femme. Celle-ci suivait toujours les pas de son guide et à chacun des siens l'envie pressante d'arriver à destination grandissait. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus eu d'envies autres que celles indispensables à la survie, encore moins pressantes. Elle se moquait bien du sable dans ses chaussures, du froid cruel du désert la nuit qui commençait à s’immiscer par tous les pores de sa peau, de sa soif qu'elle devait supporter depuis des heures, sa seule motivation maintenant était de se séparer de cet adolescent indécent. Enfin ce n'était pas la première fois qu'elle cherchait à échapper quelqu'un d'un peu trop curieux à son goût, mais le problème avec celui-ci c'est qu'elle était obligée de rester à ses côtés et ça la faisait se sentir mal à l'aise à la limite de la claustrophobie. Cependant, elle gardait son caractéristique détachement que rien ni personne ne semblerait pouvoir lui retirer. Ce voyage dans le sable ne serait qu'une étape de plus ajoutée à sa vie et qu'elle finira par bientôt oublier, comme toutes les autres.
   Lui ne sentait en rien claustrophobe, mais le fait que cette adolescente impolie continue de le suivre à la trace sans même qu'il ne puisse la voir lui donnait une impression de frissons dans le dos, des frissons d'irritabilité, ceux qui surviennent quand vous avez une envie pressante de partir ou de frapper quelque chose sans le pouvoir. De base il n'aimait pas vraiment voyager accompagné, alors voyager accompagné d'une personne si peu enclin à la coopération ne le réjouissait pas le moins du monde. Pour tenter de l'oublier, il se mit à penser à ce qu'il ferait demain, chose rare pour lui qui se laisse plutôt aller au gré du vent. Il irait vendre ses objets à Libertalia une journée, puis il irait plus au Nord là où l'accession à Babylone, cet immense Empire attirant la curiosité de tous, est possible et où il tenterait une énième fois de rentrer.
   Alors qu'il était encore perdu dans ses pensées, la frontière de Libertalia apparu enfin aux yeux de la jeune femme qui lâcha un soupir de soulagement et se mit à courir en direction du point de passage, sortant son compagnon d'infortune de ses rêveries. La dernière chose qu'elle pu entendre de lui fut un « enfin » exagéré et la dernière image qu'elle gardait de lui était celle de son dos. Elle continua de courir jusqu'à la frontière ignorant sa fatigue (et faisant rentrer d'innombrables grains de sable dans ses chaussures), ce qui la surpris : cela faisait bien 100 ans qu'elle n'avait pas eu envie d'aller quelque part.
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MessageSujet: Re: Yatara   Ven 7 Aoû 2015 - 21:07

Chapitre 3 : Liberté mais pas paix

   La frêle voyageuse reprit donc son voyage solitaire, creusant l'écart avec son compagnon temporaire à chacune de ses foulées. Elle ralentit cependant quand elle sentit le sol sous ses pieds devenir plus rigide. En baissant la tête elle ne vit que le sable rendu encore plus blanc par la lune, mais après s'être totalement arrêtée pour en pousser quelques grains de la main, elle découvrit une dalle de grès d'une forme rectangulaire parfaite qui devait vraisemblablement faire partie d'une allée. En effet, en avançant l'allée de pierre se fit de plus en plus visible, émergeant de la mer de sable comme si le vent lui-même l'avait ouverte en deux pour offrir un chemin à la voyageuse. Tout en continuant sur une marche rapide, elle releva la tête pour scruter une grande porte à l'horizon qui, quelques minutes plus tôt, n'avait été qu'une masse sombre à peine discernable dans le ciel nocturne.
   Après trois minutes, elle arriva devant la grande porte marquant l'entrée à Libertalia. Le monument imposant se dressait fièrement au milieu de cette plaine aride et présentait sur son sommet de façon arrogante aux yeux des voyageurs la devise de sa patrie : « Générosité, Reconnaissance, Justice, Fidélité ». La jeune femme se demandait pourquoi tous les pays étaient aussi prétentieux quand elle entendit la voix de quelqu'un. Elle leva la tête plus haut que l'inscription en direction de l'homme à qui la voix appartenait et vit deux soldats discuter en haut de la muraille :
   -Pourquoi est-ce qu'on a été collés ici ? Enfin je sais que je suis pas très bon sur le champ de bataille mais on aurait au moins pu me mettre à la frontière au Nord, même un paysan pourrais faire notre job ici...
   -Toi à la frontière du Nord ? Hahaha ! T'es tombé de la dernière pluie ou quoi ? Tu crois vraiment qu'ils prennent des p'tits gars comme toi pour arrêter les espions de l'Empire ?
   -Je sais bien que ça rigole pas là-bas, je me disais juste que c'était bête de gaspiller des soldats juste pour regarder les étoiles. J'veux dire, les Contrées du Désert sont nos alliés donc y'a aucune restriction sur les passages, on sert à rien ici.
   -C'est vrai, mais si jamais il se passe quelque chose, il faut des gens un minimum compétents.
   -Mais qu'est-ce qui pourrais bien se passer ? Le roi est plus qu'un légume.
   -Haha c'est sûr ! Et c'est pas notre Leader qui dira le contraire ! Mais même en sachant ça, on a été envoyés ici. Et puis c'est normal, faut bien mettre des gardes un peu partout, surtout vu la tournure que vont prendre les choses dans quelques semaines.
   Le jeune soldat ne pu qu'accepter les paroles de son aîné et se tourna de nouveau vers le vide du désert, c'est là qu'il vit qu'une silhouette encapuchonnée avait la tête levée vers eux. Il alla prévenir l'autre soldat qui s'avança sur la muraille pour parler à la silhouette :
   -Bienvenue à Libertalia mon ami ! Reste ici que j'arrive, désolé, contrôle de routine.
   Quand il fut devant elle, le soldat lui demanda de retirer son capuchon et fut surpris quand elle lui dit qu'elle n'avait pas de sac, mais il se dit qu'elle avait du vider toutes ses provisions sur la route vu qu'elle avait visiblement voyagé seule. Elle lui tendit son vêtement et il ne pu cacher sa curiosité plus longtemps, alors pendant qu'il examinait ses affaires, il commença sur le ton de la discussion :
   -Vous êtes bien étonnante mademoiselle ! C'est bien la première fois que je vois une jeune femme traverser le désert toute seule avec si peu d'affaires. Pas étonnant que vous ayez cette pâleur de mort, vous inquiétez pas je vais vous envoyer consulter un médecin après.
   -Ce ne sera pas la peine, j'ai naturellement cette pâleur de mort, lui répondit-elle en insistant bien sur les derniers mots pour lui faire comprendre son impolitesse.
   Le soldat se tassa un peu devant le regard glacial qui lui était lancé, alors pour détendre l'atmosphère il reprit pendant qu'il l'accompagnait vers la porte :
   -Et qu'est-ce qui vous amène à Libertalia mademoiselle ?
   -Rien en particulier, répondit-elle tout en rattachant son capuchon.
   -Ah la jeunesse et son goût pour l'aventure ! Partir vers l'inconnu pour les frissons ! Moi aussi à cet âge j'étais comme ça !
   A ce stade, elle ne l'écoutait même plus et attendait juste qu'il ouvre le passage devant elle. Une fois qu'il eut terminé, elle le salua et reprit sa route tranquillement, son engouement d'il y a quelques minutes étant complètement passé. Elle continua à la même vitesse pendant deux heures sans jamais que le sommeil ne s'empare de son esprit et elle arriva enfin à la capitale, l'idée d'aller dans un endroit si peuplé la fit se mettre sur ses défenses. Voilà pourquoi elle préférait voyager de nuit : à cette heure seuls quelques ivrognes vagabondaient dans les ruelles sombres des bourgs, lui laissant un passage libre à travers les rues sans rencontrer personne. Comme ce silence était agréable !
   Elle arriva à une auberge et on lui offrit une chambre pour pas trop cher. L'aubergiste s'excusa en lui expliquant que les draps n'avaient pas pu être changés aujourd'hui et qu'il lui en apporterait d'autres demain matin. Mais elle se fichait pas mal de l'état du lit, tout ce qu'elle voulait c'était un endroit où elle pourrait se poser à l'abri du froid.

*               *               *

   Après avoir été laissé en plan, pour son plus grand bonheur, le jeune homme du désert arriva à la frontière un peu plus tard où il mentit sur sa marchandise pour qu'on le laisse passer sans encombres. Sur le chemin il repensa entre autres à cette fille bizarre qu'il avait croisée, toujours maussade après cette rencontre : elle était vraiment désagréable, pas reconnaissante pour un sou, et pas du tout curieuse en plus, elle ne lui avait même pas demandé comment il avait fait lui pour traverser le désert de jour. « On aurait dit une bête blessée, je pensais pas qu'une personne pouvait être antipathique comme ça » souffla-t-il. Il n'avait pas du tout apprécié de se faire traiter de la sorte.
   Il accéléra le pas quand il sentit ses paupières s'alourdir et atteint ainsi la capitale avant de s'être écroulé de sommeil, même si cela avait peu de chance de se produire vu le nombre de fois qu'il avait fait ce trajet. Il arriva à son auberge habituelle non sans avoir scruté chaque coin de rue ; après tout s'il y avait bien une ville dans laquelle il devait faire attention à ne pas être trop vu, c'était celle-ci. Quand il entra, un homme à la stature imposante le salua :
   -Ah ! Je me demandais quand tu allais revenir mon petit Faris ! Alors, pas trop dur le voyage ? Oh mais je suis bête, c'est vrai que tu as ta petite aire de repos à toi ! Tu t'es bien occupé de tes petites plantes chéries ? Hahaha ! Lui balança-t-il, son rire résonnant dans tout le rez-de-chaussée.
   -Tais-toi papy ! File-moi plutôt une chambre pas trop miteuse, même si je sais que ça va être difficile dans ta sale auberge de lépreux, rétorqua Faris irrité mais soulagé de revoir son ami.
   -Tout de suite jeune homme ! Au fait, j'aurais à te parler demain.
   Le voyageur fut un peu surpris d'entendre cette phrase de la bouche d'un homme enjoué comme lui, il le scruta pour savoir si cela serait une bonne nouvelle ou une mauvaise nouvelle, mais l'appel du sommeil le fit acquiescer et monter vers sa chambre sans poser de question.

[BGM : Libertalia]
   Faris fut réveillé aux aurores par la lumière éclatante provenant de sa fenêtre, lui rappelant qu'il avait du travail aujourd'hui et que s'il voulait pouvoir vendre aux travailleurs il fallait qu'il soit au travail avant eux. Il enfila lentement ses vêtements, encore à moitié perdu dans le monde des rêves, prit son sac et son épée et descendit prendre un bout de pain ainsi qu'une pomme pour son petit déjeuner avant de partir chercher la rue où il s'installerait pour ses affaires. L'aubergiste n'avait pas l'air d'être là, il lui parlerait ce soir en rentrant certainement. En sortant, il reconnu mieux la ville maintenant éclairée par les doux rayons du soleil, lui aussi entrain de se réveiller, la plupart des magasins étaient fermés à cette heure mais il put voir quelques tavernes ouvrir leurs portes et changer leurs écriteaux à l'entrée, une douce odeur de pain chaud parvint aussi à ses narines quand il passa non loin d'une boulangerie. Au fur et à mesure de sa marche il vit la ville s'éveiller, un léger bruit de fond, constitué de coups sur des enclumes et de discussions de quelques passants, s'installant et les cheminées s'allumant. Le soleil continuant de se lever, les ombres des plus hautes bâtisses quittèrent les rues les plus larges et les multiples couleurs provenant des toits de tuile et des volets devinrent éclatantes. Encore perdu dans ses pensées, il faillit prendre la mauvaise rue et eut un frisson dans le dos en pensant à ce qui aurait pu lui arriver s'il avait continué. Il finit par se poser dans une rue assez loin de la place principale mais suffisamment fréquentée pour faire marcher les affaires, il déballa ensuite les marchandises de son sac en bon ordre devant lui. On y trouvait surtout des objets décoratifs d'une étincelante beauté, quelques dagues à la poignée finement travaillée et deux ou trois tissus dont on aurait dit qu'ils eurent été faits à partir de nuages tellement ils étaient doux au toucher.
   -Je sens que cette journée va être bien remplie ! Lâcha-t-il en croisant ses bras derrière sa tête tout en regardant le ciel éclatant dépourvu du moindre nuage.

*               *               *


   A peu près au même moment, dans une auberge à quelques rues de là, la voyageuse solitaire décida de se préparer même si elle ne comptait pas sortir de sa chambre avant que le soleil ne commence à se coucher puisqu'elle n'était pressée par rien. Elle commençait à enfiler ses bandages qu'elle utilisait pour cacher ses jambes et ses bras quand l'aubergiste qui l'avait accueillie tard dans la nuit arriva pour lui délivrer des draps propres comme promis. Elle vit ses yeux s'écarquiller quand il aperçu ses bras ; ainsi encore une fois, à cause de ces stupides tatouages, elle allait se faire remarquer, sûrement des rumeurs apparaîtront dans la ville comme quoi une jeune fille toute blanche mi-humaine mi-démon avec des tatouages rouges maléfiques serait en ville pour tous les dévorer, ou quelque chose comme ça. La superstition et l'effet de foule sont vraiment des armes très dangereuses. Le vieil homme déposa le tout sur le lit et reparti vers l'entrée sans un mot, son visage assombri et marqué par la peur. La vagabonde ne s'attendait pas à une telle réaction de la part d'un habitant d'une grande ville sur la voix de la modernité comme celle-ci, elle arriva donc pour la énième fois à la conclusion que les humains devenaient de plus en plus bête, mais dans tous les cas il ne devrait rien se passer jusqu'à ce qu'elle s'en aille, sinon le petit aubergiste l'aurait déjà attaquée, et puis de toute façon elle finissait toujours par se sortir des situations embêtantes. Elle n'y prêta donc pas trop attention et se contenta de rester assise lassement sur l'unique chaise de sa chambre à attendre que le soleil se couche comme il le faisait infatigablement depuis toujours, mais elle, elle était devenue fatiguée de le voir se coucher tous les jours.
   Alors qu'elle ne se doutait de rien, l'aubergiste était parti prévenir un soldat patrouillant dans la rue, le pressant de faire vite avant que sa cliente ne s'en aille. Il revint alors à son établissement et alla voir si elle s'était déjà enfuie en camouflant son acte par une proposition courtoise de boire la tasse de café qu'il lui apportait. Quelle ne fut pas sa surprise quand il vit que la demoiselle restait calmement assise sur une chaise près de la fenêtre, mais peu importe la raison, tout ce qui comptait était qu'il avait rendu service à son pays et qu'il recevrait une petite prime pour sa bonne action, tant mieux si cette femme était plus facile à capturer. Il se demanda tout de même ce qu'était venu faire une noble de l'Empire à Libertalia.
   La jeune femme refusa poliment  la tasse de café que le vieil homme lui offrait, en revanche elle remarqua le changement de comportement brusque dont il faisait preuve. Elle attendit quelques minutes après qu'il soit parti dehors pour s'assurer qu'il ne l'apercevrait pas et alla à une des fenêtres donnant sur la rue. Elle dut bien admettre qu'elle s'était brillamment trompée quand elle vit plusieurs soldats s'approcher de la vieille auberge délaissée.
[Fin BGM]

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Yatara

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